« Werther a causé plus de suicides que la plus belle femme du monde », écrivait Mme de Staël.
De fait, le premier roman de Goethe Les Souffrances du jeune Werther, publié en 1774, constitua pour toute une génération un choc littéraire et esthétique, préfigurant le romantisme.
Composé un siècle plus tard, à la fin du XIX e siècle, l’opéra de Jules Massenet s’inspire du roman et décortique le sentiment amoureux. La passion fatale entre Werther et Charlotte s’incarne dans une musique lyrique tour à tour mélancolique ou fougueuse, marquée par le célèbre air « Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ? ».
Sommet de l’opéra français, l’ouvrage revient à l’Opéra national de Paris dans la nouvelle et fascinante production saluée au festival de Baden Baden et une formidable distribution.
Voulant redonner toute sa place à la forme épistolaire du roman de Goethe, Robert Carsen place la littérature au centre de sa mise en scène en inscrivant l’action dans une immense bibliothèque.
Benjamin Bernheim, sans doute le meilleur Werther de sa génération, sera dans le rôle principal avec la jeune Aigul Akhmetshina, surnommée par certains « la nouvelle Anna Netrebko », dans celui de Charlotte tandis que le premier chef français et également première femme à diriger le Metropolitan Opera de New York, Nathalie Stutzmann, sera à la baguette.
Un grand moment en perspective.
Jean-François Bourdeaux
Président du Club Opéra
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Crédits photo : Opéra de Paris // Bnf